La joie peut-elle augmenter éternellement?

Jonathan Edwards connaît peut-être mieux le Paradis que l’Enfer, ce qui n’est pas peu dire étant donné qu’il est réputé pour bien connaître l’Enfer. Il y a un bon moment que je le crois car j’ai lu ses sermons sur le Paradis (par exemple, « La part des justes », « Heureux, les purs de cœur  », « Louer, une des tâches principales du Paradis »). Par ailleurs, la lecture des discours de J. Edwards sur le Paradis et du livre de John Gerstner, «Jonathan Edwards on Heaven and Hell» (Grand Rapids:Baker Book House, 1980) montre comment J. Edwards a approfondi ses méditations sur le Paradis.

Mais, c’est seulement lorsque que je me suis plongé dans son livre The End for Which God Created the World, que j’ai eu l’incroyable intuition que le Paradis sera une découverte infinie, toujours croissante de toujours plus de la gloire de Dieu, dans une joie en Lui toujours plus grande.

Enfant, j’avais peur du Paradis. L’éternité me semblait être comme de la congélation. N’est-il pas dit dans 1 Corinthiens 13:12 : « alors je connaîtrai comme j'ai été connu. » ? Et cela ne signifie-t-il pas qu’au moment où nous arriverons au Paradis, nous saurons tout ce que nous allons savoir et que le reste de l’éternité sera identique pour toujours ? Ceci réveille la peur de l’ennui dans nos cœurs.

J. Edwards nous dit que non. Tout ce texte doit signifier que notre savoir sera exact au Paradis et que nous ne verrons plus « à travers du verre teinté ». Cela ne signifie pas nécessairement que nous connaîtrons immédiatement tout ce qu’il est possible de connaître, mais plutôt, pense-t-il, que Dieu est infini et se révèlera à nous pour que nous bénéficiions de Sa plénitude pour toujours. Nous sommes mortels et nous ne pouvons pas, jamais, ou jamais sur une période finie, appréhender l’absence de limites, l’infinie plénitude de la gloire de Dieu. Et pourtant, Dieu nous inondera de sa plénitude pour notre bonheur (Éphésiens 2:7).

Cela implique donc que notre union avec Dieu, dans l’expérience qui nous comble de Sa gloire, ne peut jamais prendre fin, mais doit grandir encore et encore en intimité et en intensité. La perfection du Paradis n’est pas figée. Nous ne voyons pas non plus tout ce qu’il y a à voir en une seule fois, car le monde fini ne peut absorber l’intégralité de l’infini. Notre destin n’est pas de devenir Dieu. Ainsi, il restera toujours plus à connaître et aimer de Dieu pour une créature finie. La fin d’un plaisir en Dieu toujours grand n’arrivera jamais.

Voici la manière dont J. Edwards le signifie :

Je suppose que personne ne niera le fait que Dieu, en glorifiant les saints au Paradis par un bonheur éternel, souhaite satisfaire Sa grâce ou Sa bienveillance infinies, par le don d'un bien [qui est] infiniment précieux, car éternel. Et pourtant, jamais ne viendra le moment où il sera possible de dire que ce bien infiniment précieux nous a été effectivement accordé (The End for Which God Created the World, ¶ 285, dans God's Passion for His Glory, [Wheaton: Crossway, 1998]).

De plus, il ajoute que notre élévation éternelle en toujours plus de Dieu sera une

élévation toujours plus haute pendant cette infinie période et non pas à [un rythme] diminuant constamment (mais peut-être augmentant) [vers des] hauteurs infinies, bien qu’il sera impossible de dire à un certain point que de telles hauteurs ont été atteintes (¶ 279).

Il va falloir un temps très très long pour que Dieu finisse de glorifier la richesse de Sa grâce envers nous ; en d’autres termes, il n’aura jamais fini. Et notre joie augmentera encore et encore. L’ennui est tout à fait exclu de la présence d’un Dieu infiniment glorieux.

Dans la joie,

Pasteur John

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