Le Culte : le festin de l’hédonisme chrétien

Psaume 63 : 5-6

Mon âme sera rassasiée comme de mets gras et succulents, et, avec des cris de joie sur les lèvres, ma bouche te célébrera. Lorsque je pense à toi sur ma couche, je médite sur toi pendant les veilles de la nuit.

Introduction

La révolte contre l’hédonisme a tué l’esprit du culte dans plusieurs églises. Quand vous pensez que les actes moraux élevés doivent être libre d'intérêt personnel, alors le culte (qui est l’un des actes moraux les plus élevés qu'une personne peut accomplir) doit être conçu comme un simple devoir. Lorsque le culte se réduit à un devoir, il n’existe plus. L’un des plus grands ennemis du culte dans nos églises, c’est notre propre vertu altérée. On possède cette vague notion que chercher notre propre plaisir est un péché, c'est alors que la vertu elle-même emprisonne les désirs de nos cœurs et étouffe l’esprit du culte. Car qu’est-ce que le culte si ce n’est pas se délecter au festin de la gloire de Dieu ?

Le culte est un sentiment intérieur ainsi qu’un acte extérieur qui reflète la valeur de Dieu. Ce sentiment interne est l’essence du culte, car Jésus a dit,

Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi.

Trois manières dont le cœur réagit dans le culte d'adoration

Le culte est vain, vide, et n’est rien là où le cœur n'est pas touché. Je pense qu'il est possible de décrire d'une manière générale l’expérience du cœur en adoration. Il y a trois façons générales dont le cœur peut répondre à l'adoration rendue à Dieu, et souvent, elles s'imbriquent et coexistent.

1) Le cœur peut se délecter des richesses de la gloire de Dieu.

Mon âme sera rassasiée comme de mets gras et succulents, et, avec des cris de joie sur les lèvres, ma bouche te célébrera. Lorsque je pense à toi sur ma couche, je médite sur toi pendant les veilles de la nuit. (Psaume 63 : 6-7)

2) Le cœur peut désirer que ces délices soient plus profonds, plus intenses et plus réguliers.

Comme une biche soupire après des courants d'eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant: quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu? (Psaume 42 : 2-3)

3) Le cœur peut être repentant dans le chagrin lorsqu’il ne ressent ni le plaisir en Dieu ni un désir pour cette joie.

Lorsque mon cœur s'aigrissait, et que je me sentais percé dans les entrailles, j'étais stupide et sans intelligence, j'étais à ton égard comme les bêtes. (Psaume 73 : 21, 22)

Le grand obstacle au culte

Par conséquent, si vous ne ressentez aucun plaisir dans les richesses de la gloire de Dieu, ni n'éprouvez aucun désir de voir et de mieux connaître Dieu , ni n'éprouvez aucun chagrin sur le fait que votre désir et votre plaisir sont si pauvres, alors vous ne rendez aucun culte à Dieu. N’est-il donc pas clair que la personne qui croit que la vertu est de surmonter l’intérêt personnel, qui croit que le vice est de chercher notre propre plaisir ne saura guère capable de rendre un culte à Dieu ? Car le culte est l’aventure la plus hédoniste de la vie humaine, et il ne doit pas être détruit par la moindre pensée d’apathie. Le grand obstacle au culte, ce n’est pas que nous soyons des êtres qui cherchons notre propre plaisir, mais que nous soyons prêts à accepter des plaisirs aussi pitoyables.

Jérémie l’exprime de cette façon :

Y a-t-il une nation qui change ses dieux, quoiqu'ils ne soient pas des Dieux? Et mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n'est d'aucun secours! Cieux, soyez étonnés de cela; frémissez d'épouvante et d'horreur! dit l'Éternel. Car mon peuple a commis un double péché: ils m'ont abandonné, moi qui suis une source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l'eau. (Jérémie 2 : 11-13)

La grande barrière à l'adoration parmi le peuple de Dieu, ce n’est pas que nous soyons en train de poursuivre notre propre satisfaction, mais que notre poursuite est tellement faible et hésitante que nous n'acceptons que des petites gorgées de citernes crevassées bien que la source de la vie soit juste de l'autre côté de la colline.

L'un de mes plus grands mentors sur le sujet de l’hédonisme chrétien a été C. S. Lewis. Je me souviens en 1968, quelle grande découverte cela a été de lire la première page de son sermon, The Weight of Glory (Le poids de la gloire). Ce n'est rien d'autre que ce que Jérémie a écrit, mais en plus actualisé-

Si vous aviez demandé à vingt hommes bons de nos jours ce qu’ils pensaient être le plus grand des vertus humaines, dix-neuf d’entre eux vous auraient répondu: de ne pas être égoïste. Mais, si vous aviez demandé cela à presque tous les grands chrétiens du passé , ils vous auraient répondu : l’amour. Est-ce que vous remarquez ce qui s’est passé ? Une notion positive a été substituée par une notion négative. L’idéal négatif du désintéressement comporte la suggestion de ne pas assurer premièrement le bien envers les autres, mais de renier nous-mêmes ce bien, comme si l'abstention était le point important et non leur bonheur. Je ne crois pas que cela soit la vertu chrétienne de l'amour. Le nouveau testament a beaucoup à dire sur le sacrifice de soi, mais pas en tant qu'une fin en soi. On nous dit de renoncer à nous-mêmes, de nous charger de notre croix afin que nous puissions suivre Christ, et presque toute description de ce que nous trouverons si nous le faisons fait appel à nos désirs. Lorsque les courants de pensées modernes prétendent que désirer ce qui est bon pour nous et soupirer après le plaisir sont des attitudes répréhensibles, je les soupçonne d’être contaminés par Kant et les Stoïciens, et en aucun cas par la foi chrétienne. En effet, si l’on considère, dans les Évangiles, le nombre impressionnant de promesses de récompenses et la nature surprenante de toutes ces récompenses, il semblerait bien que notre Seigneur ne trouve pas nos désirs trop intenses, mais bien au contraire trop faibles. Nous sommes des créatures aux cœurs partagés, qui perdent leur temps avec l’alcool, le sexe et les ambitions personnelles alors qu’une joie infinie nous est proposée. C’est un peu comme un pauvre gamin qui préfère continuer à faire des pâtés dans la boue d’un bidonville parce qu’il ne peut imaginer ce que signifie l’offre d’aller passer de belles vacances à la mer. Nous sommes bien trop facilement satisfaits.

C’est bien cela, n'est-ce pas ? Notre désir du bonheur est bien trop faible. On s’est contenté d’une maison, de quelques amis, d’un emploi, d’une télé et d'un four à micro-ondes et d'un ordinateur Apple II, de sorties occasionnelles, d’un congé annuel. On s’est habitué à des plaisirs si petits, si peu passionnants et de courte durée que notre aptitude à ressentir la joie s’est flétrie. Ainsi notre culte s’est également flétri.

Le culte des hédonistes chrétiens

Mais moi, j’ai un rêve pour notre église, Bethlehem Baptist Church, le rêve de ce à quoi un culte d'adoration pourrait ressembler si tout le monde présent était un hédoniste chrétien. Je rêve d’une heure par semaine qui ne ressemblerait à aucune autre heure «  de la semaine »; un rendez-vous commun hebdomadaire avec le Dieu vivant. Une pièce remplie de personnes qui, du fond du cœur professent,

O Dieu! tu es mon Dieu, je te cherche; mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, dans une terre aride, desséchée, sans eau. (Psaume 63 : 2)

Je rêve d’un rassemblement de gens qui aiment l'échange de l'amitié chrétienne et qui, par amour d'un échange plus profond, y renoncent pendant une heure, se prosternent pendant le prélude de l’orgue, sans honte, et prient ardemment que l’Esprit de Dieu descende sur notre culte et fasse trembler ce lieu par son pouvoir. Je rêve d'une famille de croyants rassemblés le dimanche matin, si sincèrement heureux en Dieu comme les familles le sont le premier jour des vacances, ou autour d’une grande dinde de repas de Thanksgiving, ou à côté de l’arbre de Noël lorsqu’on distribue les cadeaux. Des cœurs sans entraves, qui sont libres de dire, « Amen ! » lorsque le chœur nous a transportés vers Dieu, ou bien lorsque les louanges de l’orgue ont intronisé le Roi des rois , ou lorsque le prédicateur parle d’une vérité incomparable de l’Évangile. Je rêve d’une heure ensemble, où les rancunes s'évanouissent et où de vieilles blessures suppurantes sont guéries dans la chaleur de la joie du Seigneur. D’une heure avec l’Éternel, où les saints abattus absorbent la force et le pouvoir de Dieu, afin de retourner à leur travail de nouveau remplis de vie et de force le lundi matin. Je rêve d’un peuple rassemblé, affamé d’écouter la Parole de Dieu et de pousser des cris de joie vers l’Éternel, le Dieu de leur salut, de le louer avec des chants, et le piano et l’orgue, avec des trompettes et des flûtes et des instruments à cordes et des cymbales et des cris. Je rêve d’une heure par semaine avec vous, où ensemble on rencontre Dieu d’une manière si tangible, si caractéristique que des étrangers entreront et se diront, « Certainement, l’Éternel est en ce lieu ! »

Ce n’est pas seulement un rêve, c’est la volonté de Dieu pour nous, et c'est ce qui arrive. Un homme qui avait assisté à notre culte quelques fois est venu me parler la semaine passée. Il m’a dit qu’il voulait tout simplement m’encourager de continuer, puis des larmes lui sont venues aux yeux et il avoua, « Je suis rentré chez moi et j’ai pleuré, car à mon église on ne rend pas un culte comme vous le faites ». J’étais surpris, car je sais combien nous avons encore beaucoup à faire. Il a été entretenu spirituellement comme nouveau croyant dans une simple église de maison. Alors je lui ai dis, « Notre culte doit donc vous sembler très rigide, car presque tout ce qu’on y fait est planifié ». Mais il me dit, « Non, non. Ce n’est pas la forme ou la structure, c’est s’il y a de la vie ou non; si les dirigeants et le peuple rencontrent vraiment l’Éternel ». Et il a raison : il y a des églises charismatiques qui sont mortes, et il y a des églises liturgiques qui sont vivantes. La forme est tout simplement une piste pour s'assurer qu’on va tous dans la même direction – que le moteur de l’église roule à grande vitesse sur cette piste ou qu'il reste tout froid dans les rangs dépend si nous sommes hédonistes chrétiens ou non.

Quatre objections à l’hédonisme chrétien

Alors, que peut-on faire pour réaliser ce rêve à Bethlehem Baptist Church? Il y a deux choses : l’une est intellectuelle, l’autre émotionnelle. Nous devrons être intellectuellement convaincus que les objections à l’hédonisme chrétien ne sont pas valables, et nous aurons à réveiller de nouvelles émotions fortes dans nos cœurs pour l’Éternel. Laissez-moi répondre à quatre objections à l’hédonisme chrétien en ce qui concerne le culte.

1) Premièrement, l’hédonisme chrétien ne veut pas dire que l’Éternel est devenu un moyen de nous aider à nous procurer des plaisirs mondains. Le plaisir que cherche l’hédoniste chrétien est le plaisir qui se trouve en Dieu lui-même. C’est lui qui est le but de notre quête de joie, il n’est pas une sorte de moyen pour arriver à d'autres fins. « J'irai vers l'autel de Dieu, de Dieu, ma joie et mon allégresse » (Psaume 43 : 4). C’est lui qui est notre joie et notre allégresse, ce ne sont pas les rues d’or , ni les rencontres avec votre famille, ni aucune autre bénédiction qui vient du ciel ou de la terre. La semaine dernière j’ai argumenté sur Hébreux 11 : 6 que vous ne pouviez jamais plaire à Dieu à moins que vous ne veniez à lui en cherchant une récompense, et aujourd’hui je souligne encore que la récompense est la communion avec Dieu lui-même.

2) Deuxièmement, l’hédonisme chrétien sait que la conscience de soi tue la joie et, par conséquent, tue le culte. Dès le moment où vous tournez les regards vers vous-mêmes et devenez conscient de cette expérience de la joie, elle est perdue. L’hédoniste chrétien sait bien que le secret de la joie, c’est l’oubli de soi. Oui, on va tous à l’Institut de l’art à Minneapolis (Minneapolis Art Institute) afin de ressentir de la joie en voyant ces tableaux. Mais le conseil de l’hédonisme chrétien, c’est de se focaliser complètement sur les tableaux et non sur vos émotions, sinon vous gâcherez toute l’expérience. Par conséquent dans le culte, il doit y avoir une orientation radicale vers Dieu et non vers nous-mêmes.

3) Troisièmement, l’hédonisme chrétien ne fait pas du plaisir, un dieu. Il démontre que vous avez déjà fait d'un dieu ce que vous aimez le plus.

4) Quatrièmement, l’hédonisme chrétien ne nous élève pas au dessus de Dieu lorsqu’on le cherche en dehors tout intérêt personnel. Un patient n’est pas plus grand que son médecin parce qu'il vient à lui pour se faire soigner. Un enfant n’est pas plus grand que son père lorsqu’il cherche le plaisir de jouer ensemble. Supposons que le 21 décembre j’apporte à ma femme Noël quinze roses à tiges longues pour fêter notre anniversaire de mariage. Et que, lorsqu’elle me dit, « Elles sont si belles, Johnny, merci, » je lui réponds, « je t'en prie. C’est mon devoir. » Par ce mot, toute valeur morale disparaît. Oui, c’est bien mon devoir, à moins que je ne sois motivé par une affection spontanée pour elle en tant que personne, l’acte de mon devoir la déprécie. C’est justement ce qui doit être changé dans notre culte. Nous rabaissons Dieu quand nous agissons mécaniquement pendant le culte et ne prenons pas de plaisir en sa personne. Ma femme est exaltée au lieu d’être rabaissée lorsque je lui dis, « La raison pour laquelle je veux sortir seul avec toi ce soir, c’est que je prends beaucoup de plaisir à être avec toi. » Le but principal de l’homme n’est pas seulement de glorifier Dieu et de prendre plaisir en lui pour toujours. Le but principal de l’homme est de glorifier Dieu en prenant plaisir en lui pour toujours. Et si on ne prend aucun plaisir en lui, on ne le glorifie pas. C’est pourquoi je répète que mon rêve pour que Bethlehem Baptist Church devienne un peuple de vrais adorateurs de Dieu ne pourra se réaliser que si nous devenions des hédonistes chrétiens qui ne soient pas satisfaits de pâtés de boue des bidonvilles.

Ouvrez vos yeux vers la gloire de Dieu

J’espère qu’avant que nous arrivions à la fin de cette série de sermons, vous en seriez convaincus dans votre esprit (en tant que connaissance). Mais cela ne suffirait pas. Afin de devenir un peuple qui voue un vrai culte, il faut que de nouvelles émotions fortes soient réveillées dans nos cœurs. A moins que nous ne cultivions nos pouvoirs d’émotion et d’imagination, que Dieu nous a accordés, ils rétréciront et mourront, tout comme notre culte d'adoration. Ne permettons pas que ce qui est arrivé à Charles Darwin nous arrive aussi : vers la fin de sa vie il rédigea une autobiographie pour ses enfants, où il exprima un regret,

Il dit: «  jusqu’à l’âge de trente ans ou au-delà, la poésie de toutes sortes me procura un vif plaisir… autrefois, la peinture et surtout la musique, me procuraient d’agréables sensations. Maintenant, depuis un bon nombre d’années, je ne puis supporter la lecture d’une ligne de poésie…J’ai presque perdu mon goût pour la peinture et la musique…J’ai gardé quelque goût pour les beaux paysages, mais leur vue ne me donne plus la jouissance exquise que j’éprouvais autrefois…Mon esprit semble être devenu une sorte de machine à extraire des lois générales tirées d'accumulation de faits ».

Frères et sœurs, je vous en prie, ne laissez pas cela vous arriver ! Ne laissez pas votre christianisme être l'extraction des lois des doctrines générales provenant d’accumulation de faits bibliques. Assurez-vous que votre amour ne refroidisse pas. Assurez-vous que la crainte et l’émerveillement infantiles ne meurent pas en vous. Assurez-vous que le paysage et la poésie ainsi que la musique de votre relation avec Dieu ne rétrécissent pas et ne signifient plus grand chose pour vous. Vous avez des capacités de joie que vous soupçonnez à peine. Dieu les éveillera. Ouvrez vos yeux vers sa gloire. Elle nous entoure. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, Et l'étendue manifeste l'œuvre de ses mains ».

Dieu éveillera votre cœur si vous le lui demandez et si vous le cherchez comme un trésor caché. Lundi dernier je rentrais en avion de Chicago. J’étais presque seul dans l’avion, alors je me suis assis près d’un hublot côté est. Le pilote nous a dit qu’il y avait une tempête sur le lac Michigan et au Wisconsin, et qu'il allait la contourner vers l’ouest. Je restais là, les yeux fixés dans l’obscurité totale, lorsque tout à coup le ciel entier brilla de lumière et une caverne de nuages blancs descendit à deux, trois, quatre miles en dessous de l’avion, puis disparut complètement. Une seconde plus tard, un immense tunnel de lumière blanche explosait du nord au sud à travers l’horizon, et de la même manière, disparut dans l'obscurité totale. Dès que la foudre fut presque constante, des volcans de lumière jaillirent de l’intérieur des ravins nuageux et de derrière de lointaines montagnes blanches. J’étais là, étonné, secouant la tête, presque dubitatif. « Christ, si ceux-ci ne sont que les étincelles créées lorsque tu aiguises ton épée, comment sera le jour de ton apparition ! ». Et je me suis souvenu des paroles de notre Seigneur :

Car, comme l'éclair part de l'orient et se montre jusqu'en occident, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme. (Matthieu 24 : 27)

Et même maintenant, lorsque je me souviens de cette vision, le mot « gloire » a beaucoup de signification pour moi, et je remercie Dieu encore et encore du fait qu’il a éveillé mon cœur afin de le désirer, et de lui rendre un culte. Et il le fera pour vous si vous voulez vraiment qu’il le fasse.

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